un rendez-vous parisien réservé aux piétons
“les passages couverts de Paris
du XIXème siècle “

« Ils ne pataugent plus dans la boue, ni dans les forces*. Le passage les abrite et les enveloppe d'une douceur presque domestique. C'est une rue qui se recueille ou un intérieur qui se défait toujours. »
Jules Romain – Puissance de Paris 1911


Nos guides, Martine et Nicole, nous avaient préparé une journée exceptionnelle qui nous a permis de découvrir une dizaine de passages. Un grand merci à elles pour cette passionnante journée ... quelques photos de la journée

Contexte : Au lendemain de la révolution, la confiscation des biens du clergé et de l’aristocratie ouvre la porte  à un vent de spéculation immobilière de grandes parcelles de terrain. L’émergence d’une classe de nouveaux riches et la paix retrouvée au lendemain des guerres  napoléoniennes conduisent au développement du commerce. Sur les terrains libérés, exemple le passage du Caire fut construit sur le terrain du couvent des Filles du Calvaire, se construisent les passages couverts  favorisant le commerce et le divertissement.
Ce phénomène a pris, à Paris, un essor particulier au 19ème siècle et des villes de province ont suivi cette tendance (Nantes, Bordeaux).
Dans ce Paris sans égouts ni trottoirs, les voitures à cheval, la cohue, la poussière et par temps de pluie, la boue malmènent sérieusement les piétons.

Histoire : L’idée de construire des galeries couvertes bordées de boutiques est ancienne. Les galeries de bois du Palais- Royal, créées en 1786, sont considérées comme le prototype des passages ; les structures de fer, très en vogue au 19éme, sont utilisées pour les verrières. Le  premier passage date de 1799, le dernier de 1860. Entre 1823 et 1828, 20 passages sont réalisés à Paris. On comptera jusqu’à 140 passages et galeries au XIX ème siècle, plutôt situé vers les grands boulevards (la galerie est la version ‛chic’ du passage). Aujourd’hui on peut en dénombrer entre 20 et 30, plus ou moins grands, plus ou moins actifs, plus ou moins entretenus…Les premiers :le passage du Caire en 1798 et le passage des panoramas en 1799.

Fonctions :  Le passage est une voie publique, réservée aux piétons, protégée de la pluie puisqu’elle est couverte mais cependant lumineuse grâce ses verrières, et pourvue d’une pendule qui permet de vérifier l’heure de la diligence. Ils sont systématiquement habités. C’est un lieu de commerce, de promenade et de rendez-vous dans des galeries chauffées et éclairées au gaz dès 1816. Le commerce de luxe et de la mode côtoie des salles de spectacles, de bal, de jeux, des cafés, des salons de lecture et même des prostitués !! Regardez les entrées ; les verrières, le sol, les pendules, l’unité des devantures, les dimensions, les lampadaires. C'est l’ancêtre du centre commercial.

Fin des passages : plusieurs changements ont contribué à la fermeture des passages. Ils connurent une désaffection sous le Second Empire avec les travaux haussmanniens (1852/1870), l’ouverture des grands magasins (Le bon marche 1838 par les frères Videau , essentiellement mercerie, drap parapluies qui s’associent avec le couple Boucicaut en 1852 et transforment le magasin selon un nouveau concept) les galeries Lafayette en 1894 et la construction des grandes gares parisiennes (St Lazare :1837 1ere ligne Paris St Germain, extension 1842/53, emplacement actuel 1867.

Aujourd’hui : il reste encore une vingtaine de passages et de galeries, qui invitent toujours à la flânerie. Ce sont des propriétés privées et classées, régies par un système de copropriété d’où la difficulté de leur rénovation. Fermeture la nuit à différentes heures ; le passage Verdeau 22h, les Panoramas 23h30, la galerie Vivienne 20h.

Départ du métro : Le Pelletier (ligne7)
Café/thé et croissant à 9 h 30 à « La pointe Drouot » 34 rue Drouot

Passage Verdeau. 6, rue de la Grange Batelière – 31, bis rue du Fbg Montmartre, 75009 Paris 75 mètres de long 3,75 m de large - Ouvert en 1846 dans le prolongement des passages Jouffroy et des Panoramas, il a souffert de la comparaison. C’est pourtant l’un des plus clairs, des plus aérés, avec sa haute verrière en arête de poisson et un dessin très épuré de ligne néo-classique.

Passage Jouffroy, 10-12, boulevard Montmartre - 9, rue de la Grange Batelière 75009 Paris - 140 m de long 4 m de large le premier à être chauffé par le sol Créé en 1845, c’est l’un des passages les plus fréquentés .Il est le premier construit entièrement en fer et en verre. Ses structures métalliques témoignent de l’évolution des techniques : des colonnes de fonte soutiennent les planchers et s’élèvent jusqu’à la verrière. Ce passage fut aussi le premier à être chauffé par le sol. Remarquer la verrière en ogive et les beaux lampadaires. Il a été entièrement rénové en 1987 et, à cette occasion, a recouvré son dallage d’origine.
en 360°: Le passage jouffroy

Passage des Panoramas,  11-13, boulevard Montmartre - 151, rue Montmartre 7502 Paris - 133 mètres,3,20 m de large. Le passage des Panoramas est le véritable premier passage couvert de Paris (1799).
En 1799, l’armateur américain Thayer fit construire sur le boulevard Montmartre les deux tours dans lesquelles il installa ses panoramas, fresques peintes couvrant les murs d’une rotonde. Afin de faciliter l’accès du Palais- Royal au boulevard et d’attirer la clientèle, il ouvrit, à l’emplacement de l’ancien Hôtel de Montmorency, le passage des Panoramas qui mettait les passants à l’abri de la pluie et de la boue. Le succès du passage fut immédiat grâce à l’enthousiasme des Parisiens pour les panoramas, à son exceptionnel emplacement sur le boulevard, à proximité de la Bourse, et surtout du théâtre des Variétés qui vint s’y adosser en 1807. En 1816, on y expérimenta l’éclairage au gaz. Les rotondes du boulevard Montmartre furent démolies en 1831 ; mais si la vogue des panoramas a disparu, celle du passage se poursuivit.
en 360°: Panoramas

La rue des Colonnes
La rue des Colonnes est ouverte par l'arrêté du 26 vendémiaire an VI (17 octobre 1797), date à laquelle elle prend officiellement son nom


La place de la bourse

Le palais Brongniart
Le Palais Brongniart, anciennement appelé Palais de la Bourse*, est un édifice entouré d'un péristyle de style corinthien, qui accueillait la Bourse de Paris. construit sur l’emplacement du Couvent des Filles du calvaire,
*La bourse de Paris a été créé en 1724.
L'immeuble de l'AFP
L’Agence France-Presse (AFP)
L'autorité des marchés financiers
L'autorité des marchés financiers (AMF) est l'autorité française de régulation des marchés financiers. Elle a été instaurée par la loi du 1er août 2003
La biblothèque Mazarine
Elle est, depuis 1643, publique et ouverte à tous. La consultation des collections se fait uniquement sur place et celle des ouvrages rares et précieux est soumise à conditions.
La bibliothèque compte aujourd'hui environ 600 000 volumes

La Galerie Vivienne, 4, rue des Petits Champs - 5, rue de la Banque - 6, rue Vivienne, 75002 Paris
En 1823, le président de la Chambre des Notaires, Maître Marchoux, souhaitait construire la galerie la plus belle et la plus attractive des passages couverts de Paris. Il fit associer  pilastres, arcs et corniches aux différents symboles de la réussite (couronnes de lauriers, gerbes de blé et palmes), de la richesse (cornes d’abondances) et du commerce (caducée de Mercure). La mosaïque du sol est l’œuvre de l’italien Faccina. La grande galerie de 42 m de long est suivie d’une rotonde vitrée avec coupole en verre hémisphérique, l’ensemble est d’origine, des carreaux permettant une aération modulée. Elle se termine rue des Petits Champs par une vaste salle rectangulaire surmontée d’une verrière monumentale d’où s’élève un bel escalier suspendu menant autrefois à l’appartement de l’ex-bagnard Vidocq. Elle fut inaugurée en 1826.

en 360°: La galerie Vivienne

La Galerie Colbert 6, rue des Petits Champs – 6, rue Vivienne, 75002 Paris
longueur 83 m largeur 5 m. A la différence des autres passages, cette galerie est propriété de l’État (Ministère de la Culture). Elle fut construite  en 1826 au lieu et place de l’hôtel construit par Le Vau et  ayant appartenu à Colbert puis au régent Philippe d’Orléans. L’architecte. Billaud éleva une vaste rotonde, éclairée par un dôme de verre. Au centre, il avait placé un magnifique candélabre en bronze, aujourd’hui disparu (il a été remplacé par une statue datant de 1821). Il devint le haut lieu des rendez-vous galants sous la Monarchie de Juillet. Peu à peu, la désaffection gagna les lieux qui furent fermés en 1975.
La Bibliothèque Nationale racheta la galerie et en 1986, l’architecte Blanchet la rénova dans un état proche de ce qu’elle était à l’origine.
en 360°:
la galerie Colbert

Le Passage Choiseul 40 rue des petits champs/23 rue Saint Augustin - 190 mètres, l'un des plus longs de Paris, 3,90 m de large
Construits à la place de 4 hôtels par l'architecte Mazois puis Antoine Tavernier en 1825, il est de tous les passages parisiens celui qui ressemble le plus à une rue avec ses deux rangées de maisons en vis-à-vis, reliées seulement par une verrière décrochée. Remarquer les deux marquises, en bon état de conservation, qui couronnent les entrées principales et la belle verrière à deux pentes.



L'opéra Comique - Salle Favart Place Boieldieu

Opéra comique, en complément de l’Opéra qui ne peut recevoir toutes les troupes , construite en 1783  incendié en 1843, reconstruite en 1840 et re- incendié en 1887, reconstruction en 1898 ! ouf. 

Passage des Princes 97 rue de Richelieu/5 boulevard des Italiens 75002 Paris
80 mètres 3 m de large. En 1859 un homme d'affaires Jules Mires fit construire  un passage, il annonçait la fin des passages parisiens. Il fut inauguré en 1860 sous le nom de Passage Mirès
Fréquenté par Théodore de Banville et Baudelaire qui se rendaient dans les locaux de la Revue Fantaisiste, c’est le dernier né des passages couverts du 19éme siècle.
Il fut le dernier passage couvert édifié à Paris à l'époque d'Haussmann.
En 1994, la verrière, les luminaires, les façades intérieures et le sol ont été rénovés et après quelques années de travaux, si  le Passage des Princes a perdu un peu de son charme il a  retrouvé enfin son activité, pour devenir le passage du jouet.

 On remarque la coupole décorée (1930) et les arceaux métalliques de la verrière.

Déjeuner au restaurant « Le cardinal » 1 Boulevard des Italiens

l'après-midi...

 

 

Porte Saint-Denis
La porte Saint-Denis est un arc de triomphe inspiré de l'arc de Titus, haut de 50 m, situé dans l'actuel 10e arrondissement de Paris et construit en 1672,

Passage du Caire : 2 place du Caire, 14 rue du Caire, 33 rue d'Alexandrie et 237 rue St Denis, 11ème arrondissement 360 m de long et 2,60 de large
Le plus ancien passage couvert de Paris (1799), car ouvert fin 1798 lors de la campagne de Napoléon en Égypte. L’engouement pour l’Égypte qui suivit explique son nom d'influence orientale, ainsi que la décoration de sa façade sur la place du Caire, ornée de trois effigies de la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache. Il fut un premier temps nommé « Passage de la Foire du Caire ».

Ce passage fut édifié à l’emplacement des bâtiments et du jardin du couvent des Filles-Dieu, à proximité de la Cour des miracles. À la création des galeries, ce furent même les pierres tombales des religieuses du couvent qui constituèrent une partie du dallage des galeries qui sont au nombre de trois : la galerie Saint-Denis, la galerie Sainte-Foy et la galerie du Caire.

La principale industrie de ce passage dès les années 1840 était l’imprimerie et la lithographie, situation qui s'accentua sous le Second Empire et contribua à le faire déserter par les flâneurs. Ces activités furent ensuite remplacées par la fabrication de mannequins pour vitrines de magasins de mode.

 

Passage du Bourg l'Abbé 120 rue Saint-Denis - 3 rue de Palestro
47 mètres de long 3 m de large Petit passage abritant une verrière cintrée qui relie le rue de Palestro à la rue St Denis. Conçu par Auguste Lusson en 1828, d'une architecture simple avec toutefois une arcade qui attire l'attention, elle est flanquée de deux cariatides, allégories de l'industrie et du commerce (pièces de machines et ancre), sculptées  par Aimé Millet en 1863. Appartements au 1er étage.

Passage du Grand Cerf : 145 rue St Denis et 10 rue Dussoubs, 2ème - 117 mètres de long 3 m de large Construit en 1825, à la place du terminus des diligences des messageries royales « le roulage du grand cerf ». Rénové à la fin des années 1980 il se caractérise par sa verrière. Sa hauteur, près de 12 mètres, est l’une des plus importantes des passages parisiens. Sa structure en métal et fer forgé laisse une grande place à la lumière grâce à la belle verrière. Le flâneur découvre de jolies boutiques d’artisanat : bijoux, mobilier et design. Et les amateurs découvrent des commerces très pointus de tricot, de luminaires… Un autre accès est disponible dans la rue Dussoubs. Un passage typiquement parisien
en 360°:  le passage du grand cerf

La Canopée Réaménagement des Halles

Quatre équipes ont été choisies
Le projet de Rem Koolhaas, visait à faire des Halles « un lieu spectaculaire »: un champ de grands derricks, en verre coloré, « comme des bouteilles de parfum » qui pourraient selon lui « rappeler les anciennes halles alimentaires ». Certains de ces derricks, qui devaient abriter des bureaux ou des institutions, auraient plongé leurs racines à des niveaux inférieurs du forum.
Le projet de David Mangin, finalement retenu à l'issue du concours, prévoyait la construction d'un carré de 9 mètres de haut et 145 mètres de côté, coiffé d’un toit en caissons couverts de cuivre patiné, vitrés ou ajourés.
Le projet de Winy Maas avait pour objectif de faire « entrer la lumière » dans les espaces souterrains rénovés grâce à un projet de « vitrail ». Les espaces seraient alors « ouverts au maximum en remplaçant le sol par des plaques transparentes ou translucides d’où on pourra regarder le monde en bas ». Les dalles qui devaient occuper 40 % de la surface, auraient alterné avec des jardins. Il s'agissait de créer un vaste vitrail sur la surface du forum et de l’actuel jardin. Avec ce plancher translucide, l’architecte souhaitait faire entrer la lumière au sein du sous-sol, espace dédié aux commerces et aux transports. La nuit, ce devait être l’inverse : des faisceaux de lumière colorés auraient jailli du sol pour que le cœur de Paris soit mis en valeur et soit vu de loin. Le gigantesque vitrail devait être parsemé de passerelles, arbres, jardins et pelouses. Selon ce projet, la salle d'échanges et les quais du RER devaient être éclairés par une véritable "cathédrale" en creux percée depuis la surface, offrant également une grande lisibilité.
Le projet de Jean Nouvel prévoyait des jardins à tous les niveaux, soit 7 hectares au total, notamment sur le toit d’une halle principale construite à la place des structures en parapluies du Forum actuel. « Un jardin onirique, au-dessus des toits parisiens » selon l’architecte d’où l’on pourra « dialoguer » avec les autres monuments de Paris . D’autres halles devaient être construites alentour construites alentour : halle du marché, des enfants, des arts... Les travaux de réhabilitation

Le projet de David Mangin est retenu mais avec plusieurs modifications.

Devant la fontaine des innocents, puis retour gare du Nord après une superbe journée

au nom de tous... merci Martine, merci Nicole

 

... quelques photos de la journée

gC - gérard Candelier- mai 2014